Formation(s) de Graphiste : retour d’expérience

Tagué + + + + +

« Non tout le monde ne s’improvise pas graphiste, c’est un métier! »

Voici le récit exceptionnel d’Emmanuel, aujourd’hui Graphiste/Webdesigner. Mais qui à arpenté presque tous les aspects de la formation de graphiste, pour enfin en vivre et en faire son métier.

De la fin du lycée, jusqu’au métier de graphiste, retour d’expérience sur le parcours de formation d’un graphiste
Une plongée dans la jungle des formations, et leur manque d’informations : quelles formations artistiques choisir ? Ecoles publiques ou écoles privées ? Ai-je l’âge requis ?  …

Faire de l’Art ? Tu veux pas être menuisier ?

Depuis la nuit des temps… ah non ce n’est pas une dissertation, pardon.

Donc nous sommes en 2000, je suis en terminale L spécialité Maths (ouais je sais c’est un peu louche), j’ai 19 ans et je passe mon bac cette année là.

J’ai en tête de faire de « l’Art », un concept qui, pour moi, à l’époque, résonne comme un vaste univers impossible à définir.
Pour ma mère, c’est plus inquiétant, elle préférait que je choisisse un métier sûr !
Ma seule référence est l’expérience de mon frère qui a fait 5 années d’études en école d’architecture intérieure à l’ESAG (une école très réputée et très chère pour ceux qui connaissent).

Pour mener à bien cette idée, mes parents m’emmènent donc dans un CIDJ (Centre d’Information et de Documentation pour la Jeunesse). Et là je me dis : oh joie ! Je vais être bien renseigné et dirigé comme il se doit pour suivre un parcours parfait. Ça va être top  !!!
Je suis reçu par une femme qui connaît les Beaux Arts de Paris, un nom d’école qui fait tilt à mes oreilles encore innocentes.

Je lui explique que je veux faire de l’Art Appliqué et me montre 3 solutions, qu’elle croque sur papier. Je suis toute ouïe.
Donc au choix, voilà mon futur parcours, qui selon elle est simple :

  • 1ère option : tu as ton bac (oui il faut avoir le bac, sinon c’est mort ET avoir un bon carnet de notes), tu passes le concours des beaux-arts, et si tu es accepté tu fais tes 5 années dans cette école. Et hop là c’est dans la poche !
  • 2ème option : tu as ton bac (il faut toujours avoir son bac, avec un bon carnet de notes), tu passes le concours des Arts Déco de Paris, et si tu es accepté tu fais tes 5 années dans cette école. Et hop là c’est dans la poche !
  • 3ème option : tu as ton bac (encore ??? relou ces écoles !) et tu t’inscris à la fac d’arts plastiques puis tu enchaines avec la Licence d’Arts Appliqués et enfin le DSAA.

Voilà ! Fin de l’entretien. Ça n’a pas duré plus de 20 minutes je crois. Cela semble simple. Et puis avec 3 options aucun risque de se planter.


Tu feras un Bac L mon fils !

Bien bien bien. Il faut rajouter 2 petits problèmes à l’équation. En effet je fais un bac L (merci les parents qui nous poussent à faire des parcours classique sans s’intéresser à nos passions) et non un Bac STI Arts appliqués, ce qui m’handicape vis-à-vis des autres élèves qui ont forcément une formation d’avance sur moi dans le domaine, et mon niveau scolaire (entre 8 et 9 de moyenne, aheumm) ne porte clairement pas à mon avantage.

Lucide, je mets toutes ces données de côté, et je muris mon parcours dans ma tête.
Avec ces 2 problèmes, je me fais vite une raison sur le fait qu’entrer aux Beaux-arts ou aux Arts Déco, ce n’est pas pour moi.
La fac ?? Ce monde de ouf où t’es livré en pâture ? Pas pour moi non plus… Donc là les 3 options tombent à l’eau. BIM ! Ah oui quand même.

Comment faire maintenant pour entrer dans une école d’art ?
Réponse : pèleriner dans tous les centres de documentation et d’information (notamment l’ONISEP) et les salons étudiants à l’affût de la moindre info.

Je vous fais une confidence : j’étais apeuré de demander des renseignements car j’étais livré à moi-même, et d’autre part très intimidé, voire un peu honteux de devoir demander de l’aide. Je fouille donc tous les classeurs possibles. Je feuillette pendant des heures tous les livres possibles aussi dans les librairies, sans rien acheter, car le prix des bouquins sur les formations est exorbitant, et rares sont ceux dans lesquels tu trouves toutes les réponses à ton cas. Donc 8€ x 4 ou 5, voire plus, bah ça fait un peu mal au cul (#coucoujesuisétudiant).
De plus je n’osais pas demander de l’argent à mes parents pour acheter ce genre de livres. Ils me laissaient galérer tout seul en regardant de loin.
Pour rappel, internet n’est pas à la maison ! (Qui a dit que j’étais vieux ? Namého !)

Ainsi donc, avec tout ce que j’ai pu accumuler comme infos, j’apprends l’existence de la MANAA.
Qu’est ce que la MANAA ? Une Mise à Niveau en Arts Appliqués, pour ceux qui sortent d’un bac général. Trop bien !!!
Il y a donc une MANAA à l’Ecole Boulle, une à Olivers de Serres et une à Estienne (Toutes à Paris).


Graphiste ? Ah tu veux faire du dessin… c’est cela oui.

Je prépare donc mes vœux sur les papiers réservés à cet effet, avec report des notes des profs et leurs recommandations à la formation qui me serait adaptée.
Je suis obligé d’en parler plus à ce sujet, ça me démange et m’irrite à la fois ! Les profs n’y connaissent absolument rien en formations artistiques ! « Faire une école de dessin ? » (Ce fameux mot réducteur dans notre métier) autrement dit : « mais dessiner c’est un métier ? » sans commentaire… Vous voyez le genre.
Comment pouvoir prétendre, dès lors, rédiger une recommandation ??? Mais si je leur avais parlé d’école militaire, de prépa de commerce ou d’ingénieurs, là d’un coup leurs esgourdes se seraient ouvertes !
Bref, je leur dit juste dans quelle école je voulais rentrer et ils ont rempli la case adaptée avec de jolis mots d’encouragements. Une belle esbroufe.
J’avoue que j’étais super fier et content de voir des « encouragements » (que je n’avais jamais eu en temps normal) sur ce bout de papier. Et dire que c’est sur ce bout de papier que tout se joue !

Dossiers envoyés, et là impatience d’avoir une réponse. Roulements de tambours…. Réponse : refusé dans les 3 ! ah euh… bon ok. 1er échec.

Je vous laisse imaginer ma déception. Je me retrouve donc sans école à la rentrée. Magnifique.
Entre temps, petite anecdote, j’apprends que le directeur de mon école voulait que je passe mon bac en candidat libre, et oui, pour éviter de plomber la moyenne de la classe : je suis abasourdi.
Résultat, je rate mon bac avec une moyenne de 9,69. Direction les rattrapages. Comme si j’avais besoin de ça. Quelques jours plus tard, les résultats : je l’ai de justesse avec 10,13 de moyenne. Moment de joie intense, ce moment où tu vérifies 2 fois que ton nom est bien écrit. Oui j’ai pas rêvé !!! Voilà une chose d’accomplie. Soulagement.


Il faut maintenant s’occuper de la rentrée. Qu’est ce que je vais bien pouvoir faire ? Au hasard de feuilleter je ne sais plus quel magazine, je trouve des cours à distance de DAO et de formation à internet (découverte de windows et du html). DAO ? Dessin assisté par ordinateur, ce qui s’apparente à dessiner des pièces mécaniques, des plans via un logiciel: ca me parle bien. Et puis internet c’est le moment ou jamais pour se former.Banco !
Je m’inscris et suis donc ces cours. Je vous le dis tout de suite : le niveau était plus que facile. J’ai eu des 16 et plus tout le long de l’année. Je n’ai jamais eu d’aussi bonnes notes de ma vie, ah ah. Je suis ces cours durant 1 an et demi, de septembre 2000 à janvier 2002 et je finis par avoir mes 2 certificats (du vent en somme).

Et là nouvelle galère, bien sûr. Que faire en janvier 2002 ? Où rentrer ? Aucune école d’art ne propose une rentrée ce mois ci.
Je me rends donc à la mission locale de ma ville, qui aide les jeunes en galère. Galère, le terme n’est pas usurpé. Je réussis à trouver une formation de 6 mois en Infographie qui était rémunérée en plus. Pas grand-chose mais c’est pas négligeable. Pendant ces 6 mois je me forme donc à Photoshop, Flash, Dreamweaver, Illustrator un peu, découvre l’univers Mac (OS 9 et X). Pendant ces 6 mois j’en profite pour me constituer un book de dessin au crayon en vue de le montrer à une école à la rentrée. Je continue aussi à me renseigner sur les possibilités de formation qui existent, les écoles, je fais tous les salons étudiants possibles pour trouver une école en septembre.

En mai 2002 j’apprends l’existence du MANAA à Vaureal (95) pas trop loin de chez moi. C’est une bonne nouvelle. Je m’empresse donc de déposer un dossier. Je participe à un concours d’entrée. Mon 1er concours artistique de 4h ! Autant vous dire que je n’en menais pas large, vu que je n’en avais jamais fais de ma vie.
J’ai quasiment rendu copie blanche. J’étais à la ramasse complète. Bien déprimant et démotivant. J’ai donc été recalé. 2ème échec.

Même époque, je fais plusieurs salons, je me rends à des JPO d’écoles privée pour me faire briller les yeux, notamment Creapole et Strate College. Mais inutile de se faire des illusions : c’est bien trop cher.
Je tente donc une dernière fois de m’inscrire à une école de design, réputée et publique, que je voulais absolument intégrer : l’ENSCI !
Je dépose un dossier avec une créa sur un thème libre.
Résultat : refusé. 3ème échec.


Ce n’est pas fais pour toi !

C’est à ce moment là, que je me dis que je ne suis décidément pas fait pour ce métier. Encore moins pour le métier de designer, que je rêve de faire. Je n’ai pas de talent pour rentrer facilement dans une école, je n’ai qu’un talent à faire éclore (ce qui rend difficile l’accès aux grandes écoles) mais qui ne demande qu’à être bien arrosé pour croitre.

En septembre 2002, grâce à toutes mes recherches, je postule dans une école privée (atelier 1845 près de bastille) pour une prépa en Arts Appliqués. Privée, oui mais moins chère que toutes les autres, car cela semble la seule carte possible à jouer ! L’argent ouvre bien des portes.
Lors d’une journée de sélection, j’y apporte mon book. Le directeur est séduit. Il m’accepte donc pour la rentrée. Mais il y a un hic. Le financement de cette école… L’école faisait des prêts étudiants attractifs avec une banque. Montant du prêt : 4500 €. Mes 1ers  pas dans une banque, et encore une fois tout seul. J’ai donc souscrit à un prêt sur 4 ans. Je précise quand même que ce sont mes parents qui ont payé l’école. Ils y voyaient quand même enfin une solution pour m’en sortir, bien qu’ils aient pu refuser. Mais l’essentiel est fait. Je suis accepté. A 22 ans commencent mes vraies études.

Je ne ferais pas l’inventaire de ce que j’y ai appris, c’est une prépa comme une autre. Sauf qu’on est censé être préparé aux concours des grandes écoles d’art. Et ça n’a pas été le cas. Ça s’est fait un peu à l’arrache.

Mai 2003 : je dépose mon book pour rentrer aux arts déco (autre école dont je rêvais) : 1 500 candidatures, 400 acceptés pour le concours d’entrée. C’est hard ! Dossier refusé.
4ème échec.

Qu’à cela ne tienne, je décide de participer à un autre concours. Celui des Gobelins !
Une école qui m’avait aussi tapé dans l’œil. Je savais que la sélection était rude.
Je passe donc mon 2e concours de 4h dans une immense salle près du Cnit à la défense. Flippant, et glauque comme ambiance. Un concours mélangeant, culture G (avec résumé de texte), illustration, culture web. J’en ressors désabusé.
Résultat : 5ème échec.


Perseverare humanum est

Il est trop tard pour espérer déposer un dossier au MANAA. Donc à ce stade, je n’ai pas d’école pour la rentrée. Je commence fortement à penser à l’alternance, voire à changer de branche, mais sans grande conviction encore.

Octobre 2003 : contre toute attente, je m’inscris donc à la FAC d’Arts Plastiques !! Aoutch. Je vous passe les détails de l’apprentissage « spécial » de ces 2 années. Au final, j’obtiens mon DEUG mention AB. Sou…la…gé… !

Nous sommes en mai 2005, j’ai 25 ans. A ce stade je n’ai qu’un Bac +2. Pour continuer dans ma lancée, j’envoie mon dossier pour rentrer en licence d’Arts Appliqués. Là je me dis, avec ma mention AB, ça devrait le faire.
Résultat : dossier refusé. Sans explication. 6ème échec…
Je reste là encore abasourdi. Gros coup de bambou.

Me voilà donc sans école pour la rentrée suivante. C’est là que l’alternance semble la meilleure option, surtout par rapport à mon âge. Accrochez-vous. Les emmerdes continuent.

Je passe un entretien à LISAA à Paris pour une formation en multimédia. Résultat : refusé, pour je ne sais plus quelle raison. 7ème échec.
Ça va, l’échec et moi on est potes maintenant ;) (j’en rigole mais vous vous doutez bien que j’en menais pas large à l’époque).

Enfin je trouve une autre école : ITECOM, pour faire un an de webdesign en alternance (niveau bac+2). Mais il faut trouver une entreprise qui accepte ceux qui n’ont pas d’expérience, si vous voyez ce que je veux dire. Dès le mois de juillet, j’écris près d’une cinquantaine de lettres de motivation à des entreprises. Je ne reçois que 3 réponses.
Sur ces 3 réponses : aucune positive m’expliquant que je n’avais pas d’expérience. Mais comment acquérir de l’expérience si personne ne t’en donne l’occasion. Vous connaissez ce refrain.
Les boules !! La rentrée approche et je n’ai pas d’entreprise. L’école n’en a pas non plus à me proposer…

Juillet, août, septembre passent (1ère rentrée ratée) puis octobre, novembre passent… toujours rien… 6 mois sans une once d’espoir…. Je vous avoue que j’étais au bord de la déprime.

Heureusement l’école propose une autre rentrée en décembre. Une chance à saisir.

Arrive donc décembre 2005, quand tout à coup, un soir, coup de fil de l’école !!! La conseillère me dit qu’ils ont trouvé une entreprise. Je dois rappeler tout de suite pour avoir un entretien. J’appelle donc le patron, qui décroche en voiture. Il me propose de me voir vers 19h. Je pars direct car j’ai 1h30 de trajet jusqu’à Montreuil (on passe l’épisode de ma tenue de 1er de la classe).

L’entretien se passe bien. Je lui montre mon book, mais bon visiblement il n’y connait pas grand-chose puisqu’il est directeur commercial. Il veut surtout voir si je suis motivé. Il est ok. Donc me voilà enfin avec une entreprise (TPE de 10 personnes). J’attaque la rentrée sereinement.

Décembre 2006 je réussis l’année. Ecole et patron très satisfaits. Que faire maintenant ?

Avide d’apprendre davantage, je souhaite faire de la communication visuelle (niveau bac +2), dans la même école, et toujours en alternance.
Le problème c’est qu’on ne peut enchainer 2 contrats pro, du moins en théorie. Obligé de négocier avec le patron et le directeur de l’école, pour financer cette formation, mais pas au tarif maximal. Personne ne lâche. Les négos sont un peu tendues.
Mais au final, un compromis est trouvé (je ne sais plus lequel) et je fais 1 an et demi de communication visuelle au lieu de 2, car j’intègre la formation en cours d’année. Sortant de webdesign j’ai été facilement intégré, d’autant qu’une amie de ma classe a fait la même chose.

Arrive l’examen de fin d’année. Résultat : mention Bien ! YES
En juillet 2007 je signe un CDD à mi-temps pendant 6 mois.
En janvier 2008 je signe un CDI.


Quand tu fais le bilan

J’ai donc essuyé 7 échecs.

  • Et après 7 ans d’études je n’ai qu’un bac+2 (x3) ;)
  • Le chiffre 7 semble être symbolique. 7 important de le dire ;)

Mais je me suis relevé.
Il vécu heureux (enfin presque) et eu beaucoup d’enfants (mes petites créas). C’est l’histoire de la vie

Quelques leçons à retenir :

  • Impossible de se reposer sur les organismes et autres personnes habilitées à t’aider puisqu’ils  n’y connaissaient pas grand-chose voire rien (à mon époque). Quant à avoir un suivi personnel de ta situation, j’en parle même pas. La loi de la démerde était la seule qui vaille.
  • Ne rien lâcher (dédicace à @anotherwhisky) en écho au Never Give up de Churchill, et pourtant les occasions de le faire n’ont pas manqué. Encore plus difficile quand personne ne t’encourage.
  • Ne pas se laisser bercer d’illusions.
    J’étais loin de m’imaginer que j’allais faire face à autant d’obstacles, après le bac. Quand tu sors d’un parcours de lycéen tout tracé, rien ne t’inquiète. Quand l’école (prof ou intervenant) ne te fournit aucun moyen de te renseigner su ta vie future, tu te dis que ça ne va pas être bien compliqué de trouver une orientation avec le bac en poche. Mais la réalité de la vie est bien là.
  • Quand on veut on peut, pour autant le chemin est bien long parfois.

Je terminerai sur ce proverbe japonais qui est pour moi comme un leitmotiv : « Le succès c’est tomber 7 fois, se relever 8 ! »

Merci d’avoir tout lu jusqu’au bout. Je vous ai dévoilé un parcours que j’ai eu longtemps du mal à assumer.

Aujourd’hui je m’en sers comme une force car c’est ce qui m’a forgé et m’a permis de ne pas avoir été formaté par une quelconque école.

J’espère que cela apporte une pierre à l’édifice au sujet des formations artistiques et du parcours, et des déboires, qui nous sont réservés dans nos parcours respectifs.

Et aussi une réponse à ceux qui ne considèrent pas notre métier sérieusement : non tout le monde ne s’improvise pas graphiste, c’est un métier! Il existe même des études pour ça. Incroyable, n’est ce pas.

A bon entendeur…

Emmanuel REZE

Professionnel depuis 2008, j'accompagne les entreprises dans leur quête d'une nouvelle identité graphique sur le web et dans leur communication globale.

Enrichi par ces expériences, j'ai gagné un sens de l'observation, une réflexion sur le monde extérieur et tous les moyens de l'analyser.

Analyser pour mieux comprendre, comprendre pour mieux transmettre, transmettre pour mieux communiquer. Et communiquer me direz-vous ? C'est tout l'enjeu de nos relations. Il ne suffit pas d'avoir une bonne idée mais d'avoir une idée juste.

Et trouver cette idée est l'apanage du créatif

10 réactions sur “Formation(s) de Graphiste : retour d’expérience

  1. Et bien manu, J’ai adoré lire ton article!
    :-D
    Détermination, flottement et surtout ta manière d’aborder tes « échecs ».
    Faut une certaine humilité pour raconter tout ça et oser sortir des sentiers battus en disant « les mecs, vous pouvez galérer grave, mais ça veut pas dire que vous êtes mauvais, vous pouvez y arriver! ».
    Cet article m’a plu parce que mon parcours fut a peu près aussi cahotique que le tien (année de seconde : « je veux faire F12″ –> »mais non cocote y a pas de place tu peux faire une seconde TSA et fabriquer une table de ping pong pour le lycée avec, cahier des charges (ça je le savais pas que je ça servirait plus tard! :-D), béton armé, coffrage et tiges filetées »)…

    Bref au delà de tout, tu n’a pas lâché le morceau, et je ne sais pas si comme aujourd’hui tu savoures d’éxcercer ton taf, mais je l’espère en tout cas !

  2. Oui, surtout tant d’efforts pour gagner ce que gagne un mec qui travaille sans formation à l’usine, alors que certaines de tes créas sont vendues plusieurs dizaines de milliers d’euros et que tu bosse plus de 40 heures par semaine. Les écoles s’est une chose, encore faut-il après s’insérer dans le marché du travail, arriver à 25 ans sans experience pro, ni diplome d’etat…çà refroidi pas mal d’entreprise, çà a dû être dur pour toi.
    Y’a trop d’ecole privé, trop de gens faussement formé, pas assez motivé et qui on fait croire qu’ils sont des stars parce qu’ils font des mangas sur photoshop…, mais je pense que ce qui manque à beaucoup d’etudiant paumé dans les formations c’est surtout une bonne culture général en art (graphisme,design,mode,archi,cinema…).
    Bref, c’est pas tous les jours que je croise des vrais talents malheureusement. Je suis loin d’etre une star, je revolutionne rien mais mes créas elles sont pas bancales, elles s’appuient sur de vrais connaissances artistiques et pas des expériences photoshop ratées. Et pour moi c’est le minimum que de savoir produire des documents propres et réfléchis quand on se dit graphiste. :/
    Je vois passer trop de mauvais dans ce métier et des etudiants qui n’ont pas le mental. Si on nous fait autant galérer dans les ecoles et les entrées dans les publiques c’est pour nous préparer à la suite professionnelle : les charettes, les clients et leurs caprices,les horaires de merde…
    Graphiste c’est un métier de galérien mais l’un des plus agréable aussi, faut donc choisir ses priorités. Si y a la motivation, le talent et les connaissances, y a aucune raison pour ne pas y arriver t’en a fait l’experience. Les echecs, çà rend plus fort. ;)

  3. Je suis content car je me retrouve un peu dans ton expérience. En tout cas tu peux être fier de toi et de ton parcours.

  4. @coquelicom Merci bcp ;) oui ta phrase est juste. C’est exactement ce sens qu’il faut en retirer. Mais c’est aussi une sacré gageure. Comment penser que l’on est bon s’il on échoue ? C’est la tout le problème.
    Je savoure mon boulot, mais pas encore comme il se doit. Je prévois de changer de boîte dans les mois à venir, pour m’épanouir davantage.

  5. @ Pleuvry Oui je constate qu’on est nombreux à être passé par là. J’en suis fier, mais j’ai longtemps été mlaheureux de ce parcours qui complique la vie. Mais il t’apprend justement la vie ;)

  6. J’ai tellement été ému en lisant ton article… Je ne suis pas seul !!
    J’ai galéré moi aussi après le bac, surtout que je suis sorti d’un bac L aussi. Donc déjà j’étais la risée de la famille car L c’était selon eux pour les babas cool et autres hippies, ce que je ne suis pas du tout.

    Ensuite j’ai fait une année d’histoire de l’art, en me focalisant sur le mot « art » comme un idiot et réalisant plus tard ma bêtise. A ce moment là j’ai abandonné l’idée de bosser là dedans et je me suis lancé dans un DUT SRC (services et réseaux de communication) où j’ai pu apprendre les bases du web, ses standards etc.
    J’ai eu la chance de faire un stage dans une grande agence de pub qui m’a redonné envie de tenter le graphisme. C’est là que je m’inscris en fac d’Art P moi aussi, car les MANAA dans le public ne sont plus accessibles quand tu as fait plus d’un an d’étude après le bac.
    Donc je fais 6 mois là dedans et je réalise que ce n’est pas pour moi, trop arty, trop dépassé.

    Finalement je trouve moi aussi une alternance, dans une chouette entreprise qui m’a beaucoup apporté et chez qui j’ai signé mon premier CDI !

    Enfin, on semble tous avoir eu une vie de graphiste compliquée, mais moi qui complexe parfois de ne pas avoir fait de « grande » école, ça me fait du bien de lire ça !

  7. Bonjour manu je viens de lire ton article que j’ai trouvé très intéressant. Je suis étudiant et je passe exactement par le même chemin que toi (fac d’art…) formation payante etc. C ‘est vraiment sympa d’avoir des témoignages qui redonne du courage, merci pour cet article !
    PS : Je trouve vraiment géniale ta police « Formation d’un graphiste » pourrait tu me donner le nom de cet font ?

  8. @NOOBZ Bonjour. Je suis ravi que mon expérience trouve écho auprès des jeunes. C’est exactement le but auquel je vise car cela m’a fait défaut tout le long de mon parcours. Il me semble important de partager ce genre d’expériences, car il n’y a pas qu’un chemin pour y arriver. Je me suis proposé dans une école pour être intervenant en créativité, (tjs pas de réponse) et cet échange fera parti de ce que je souhaite transmettre.

    Pour la police, je pense qu’il s’agit de Insignia, mais faudrait demander confirmation directement à Thomas sur sa page contact, c’est lui l’a faite.

  9. J’ignorais, mais plus maintenant…Je n’ai fait qu’une année à l’atelier préparatoire de l’ESAG. C’est très fort de réussir cet atelier ! Et même en réussissant tout le cursus, il faut bien le DIRE…ben je vois pas autant de designer, d’archi … que les étudiants diplômés qui en sortent. L’école donne des « lettres » mais la vie du bûcheron commence en abattant son premier arbre !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *