Les phrases à ne pas dire devant un graphiste

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Toujours dans l’idée d’améliorer les relations entre graphistes/designers et les clients, je vous propose aujourd’hui une liste de phrases à éviter lorsque vous échangez avec un graphiste. Que ce soit lors du premier contact ou au cours du projet.


1. Peux-tu refaire le même site / le même logotype ?

Donner des exemples de création qu’on apprécie est vraiment une bonne idée, cela permet au designer de cerner les envies. Vous pouvez même vous inspirer de communications différentes : une typo sympa par ci, une couleur dynamique par là, une mise en page professionnelle que j’aime, etc…

Attention juste à ne pas copier/coller un site ou un logo que vous aimez.

En plus de potentiels risques juridiques pour contre-façon, comme je le rappelle plus bas chaque création doit répondre à un besoin : Copier à l’identique n’est vraiment pas une bonne idée si vous voulez communiquer éfficacement.

2. J’ai contacté d’autres graphistes

Si vous pouviez éviter de le préciser fièrement. Autant le dire clairement : « Baissez vos prix, sinon on demande à quelqu’un d’autre ».

Honnêtement demander des devis à plusieurs designers c’est votre droit. A vous de voir les prestations que vous attendez selon votre budget.

En tant que designer j’aime bien savoir que les gens font appel à moi, pour mes compétences, ma vision… par pour une simple question de tarifs.

3. Nous proposons un concours !

Vous avez du mal à vous décider sur le prestataire et vous souhaitez obtenir plusieurs propositions… Lancer un concours n’est vraiment pas acceptable à moins de pouvoir rémunérer chaque participant pour le travail qu’ils vont vous fournir. Est-ce que vous le pouvez ?

4. Pouvez-vous nous proposer une maquette
en même temps que votre devis ?

Vous contactez un graphiste et vous souhaiteriez être certain d’avoir contacté LE BON. Ça parait légitime mais, mis à part son portfolio, vous ne pouvez pas obtenir la certitude que les premières propositions seront justes.

Si avant de signer le devis du designer, vous avez des doutes sur ses capacités à répondre à vos besoins, préférez lui demander des exemples de ses créations précédentes.

Et sachez surtout qu’une commande ne se réalise pas d’un seul coup (On est pas au Mc Do), cela demande de multiples allers/retours, vous aurez donc encore le choix de modifier le tir si besoin.

5. J’aimerais un logo, quels sont vos tarifs ?

Les tarifs dans le design ne sont pas définis à l’avance.
Si le fait de choisir un graphiste se base uniquement sur le tarif pour vous, il y a fort a parier que le designer que vous choisirez ne vous proposera pas un service de qualité. Du moins, il ne vous offrira pas ce qu’il à de meilleur.
Présentez d’abord votre demande, exprimez vos besoins et attendez que le créatif vous envoi son devis.

6. Envoyez-moi votre grille tarifaire

Le graphisme est avant tout un service personnalisé qui répond à des problématiques propres à chaque client, à vos besoins.

De ce fait, il est très rare de pouvoir établir une grille tarifaire.

7. Ça ne vous prendra que 2 minutes

« C’est un projet rapide » est une phrase qu’un graphiste rencontre souvent, et ça à le don de l’agacer. Même si c’est peut-être le cas, laissez-lui en juger par lui-même.

En plus de cela il arrive régulièrement qu’une demande, à priori simple, soit en réalité bien plus complexe.

8. URGENT! C’est pour la fin de semaine…

Vous saviez que vous alliez avoir besoin d’un graphiste, mais voilà, à force de reculer l’échéance, votre besoin se fait de plus en plus urgent, et vous avez besoin d’un graphiste maintenant!

Envoyer un mail ou publier une annonce avec *URGENT* peut vous paraître un bon moyen de passer en tête de liste, mais je vous l’assure ce n’est pas le cas.

Si le graphiste est déjà engagé sur d’autre projets il privilégiera certainement ses clients actuels.

Après tout, lorsque ça sera votre tour, vous apprécierez que votre projet soit traité en priorité, non ?

Si malgré tout, votre projet doit vraiment être fait (ou au moins commencé) durant le week-end par exemple, préparez-vous à ce que la facture soit également à la hauteur de votre demande : URGENTE!

9. Soyez créatif!

Ces deux mots balancés avant même d’avoir reçu une premiere proposition graphique pourrait être blessante. Par essence, c’est son métier d’être créatif, de recherche l’originalité, pas besoin de lui rappeler.

Vous demanderiez vous à votre banquier: « Soyez honnête! » hum ?

Préférez laisser le designer vous faire ses propositions sur la base de votre demande et ajustez ou affinez votre demande par la suite si besoin. Une fois les première maquettes reçues, un « Tu peux te lâcher, soit plus créatif, regarde l’exemple que je t’ai envoyé … » passera mieux.

10. C’est votre passion

Vous contactez quelqu’un qui à choisi un métier dont il est passionné. Mais n’oubliez pas que cela reste son métier, son gagne-pain! Inutile de prendre l’excuse affective de la passion du design, Être graphiste c’est avoir son entreprise, une entreprise qui doit d’être rentable et le graphiste ne travaillera pas si son investissement (en temps et en compétences) ne sont pas rentabilisés. En clair : Si cela ne lui permet pas d’en vivre.

11. Si vous travaillez bien, je parlerai de vous autour de moi.

Si effectivement votre réseau est assez étendu pour de façon quasi certaine pouvoir proposer d’autres projets par la suite c’est un bon point, sinon
évitez ce genre de promesses.

L’égo d’un créatif n’est pas aussi grand que ça pour lui permette de se nourrir de reconnaissance et d’eau fraiche.

Toutefois, préférez attendre la fin du projet pour faire cette offre. Cette phrase sera mieux perçue si elle est utilisée comme un remerciement et non comme un appel à baisser les prix, pour les prochaines fois.

12. Votre maquette est bien mais ma secrétaire / le fils du patron n’aime pas le bleu clair.

Vous êtes le client et vous souhaitez obtenir le meilleur design possible, celui qui convient parfaitement, c’est normal.

Malheureusement, sachez qu’il y aura toujours quelqu’un pour contredire vos choix ou celui du graphiste. Le graphisme n’est pas une science exacte, c’est une question de compromis. Vous devez atteindre un objectif (Ex:Renforcer mon image professionnelle) selon certaines contraintes (Le plus souvent budgetaires)

Vous avez tout à fait le droit de demander différents essais, des modifications, etc… Mais pensez également votre communication visuelle comme un investissement à long terme. Bien souvent vous serez amené à la faire évoluer, ne perdez pas de temps (et celui du graphiste) dès le début sur des détails qui s’affineront avec le temps ;)

13. Voici ma maquette web en pdf!

Note : J’ai eu l’exemple récemment d’un graphiste print qui m’a demandé d’integrer sa maquette, qu’il avait fait sous indesign, en 300 dpi …
Une maquette web en pdf ? Honnêtement, il est parfois préférable d’envoyer les croquis sur papier et scannés plutôt que des fichiers inutilisables et donc les tailles ne sont pas exactement définies pour le web.

Si vous avez une idée plus précise, envoyez plutôt un simple jpg

14. Je valide ! (et le mail d’après) j’aurai encore quelque modifications…

La validation pour un concepteur c’est le Saint Graal, ne l’utilisez pas à tout va.
Dire « je valide » c’est signifier que vous ne reviendrez plus dessus.

Note supplémentaire :
Proposé par Guy St-Pierre, graphiste au Québec.

A l’attention des graphistes et directeurs markéting …

Même si vous êtes fièrement diplômé, faites preuve d’un peu de respect pour votre client. Car après plusieurs années de travail acharné, de risques, la personne qui dirige cette entreprise fait surement quelque chose de bien alors… un peu de réserve avant de lui dire qu’il s’y prend mal et qu’il ne connait rien dans le domaine et surtout que maintenant que vous êtes là, tout va changer….hum? Après tout, cette entreprise a survécu sans vous pendant des années sans vous.

Pour les clients:

Attention votre opinion ou vos gouts personnels ne sont pas toujours les références à suivre. (Même si c’est vous qui payez la facture) le concepteur doit baser son concept sur les bonnes cibles (vos client) il ne fait pas la décoration intérieure de votre maison. Alors prenez un peu de recul et écoutez ses arguments explicatifs sur lesquels reposent sont concept.


Conclusion

Pour résumer, vous êtes à la recherche d’un graphiste pour la création de votre logo, de l’identitié graphique de votre entreprise, et vous cherchez la perle rare, le meilleur compromis qualité/prix. Gardez en tête que pour une bonne relation de travail client/prestataire (L’entrepreneur / le designer) c’est comme dans la vraie vie, tout est une question de compromis, vous devez travailler en collaboration.

Les compromis permettent de créer un équilibre des engagements (voir l’intervention de Julien Moya) : Plus vous demandez, plus vous devez donner.

Cette liste est directement issue de mes propres expériences, si vous avez des remarques, n’hésitez pas à m’envoyer un mail ou à laisser votre commentaire ;)

Credit photo : Fotolia 34742177

Thomas Dufranne

Directeur artistique web / Webdesigner, je travaille en tant qu'indépendant aux environs de Paris, France.

51 réactions sur “Les phrases à ne pas dire devant un graphiste

  1. Vous prêchez trop pour votre paroisse et cet article donne surtout envie de NE PAS s’adresser à vous.

  2. Il y a aussi les urgences qui ne le sont que pour être certain de ne pas dépasser le budget. ex: j’en ai besoin pour midi (il est 10h, comme ça je ne payerai que 2h. Si, si, ça arrive) !

    @olivier quand on voit le titre de l’article, on devine un peu le contenu. Evidement si vous voulez un logo gratuit… je vous invite a visiter cette page http://gratuiste.tumblr.com

  3. @Olivier : Votre commentaire me laisse fortement à croire que vous vous reconnaissez bien dans cet article, en tant qu’annonceur…
    Si vous n’avez pas envie de vous adresser à Thomas, vous risquerez de ne vous adresser qu’à très peu de graphistes de qualité. Il faut savoir reconnaître le travail de chacun et admettre que certains clients, n’y connaissant pas grand chose voire ignorant totalement la profession de graphiste, ont tendance à souvent être comme il est décrit ci-dessus.

    A bon entendeur !

  4. bien qu’étant d’accord avec les contraintes énoncées ci-dessus, il m’est arrivé de tomber sur des graphistes avec un gros égo, un gros tarif et de tout tout tout petits résultats ;)

  5. Mouais….la susceptibilité mal placée du genre, « on doit pas demander/dire ça parce qu’on va le vexer » alors qu’en fait graphiste c’est juste pas notre métier….en revanche le sien c’est aussi de prendre du temps pour nous expliquer comment ça marche….
    et cela fonctionne pour tous les métiers techniques (et/ou créatifs), par définition le client est ingénu dans le domaine et va forcément faire des demandes qui ne collent pas avec le fonctionnement « évident » pour un technicien (je rajoute le terme technicien, parce que je n’ai à priori rien contre les graphistes mais je pense qu’ils sont confrontés aux mêmes exigences/demandes que bon nombre d’autres professionnels)
    en fait il faudrait juste commencer par être poli (cela concerne les deux parties ^^) et je suis certaine que de fait cela facilitera grandement les choses :)

  6. Normal qu’il prêche pour sa paroisse, c’est le sujet, et tellement criant de vérités !
    Enfin, il a tout de même rédigé avec habileté, non pas un, mais 4 articles « Travailler avec le client », qu’il est judicieux de lire avant de se lancer avec verve dans les critiques, je pense.

    hum, etre poli… parfois (90% en fait) c’est des brief type « je veux un petit truc de rien du tout » pour la semaine prochaine (comprendre je le veux demain pour le montrer à mon boss pour qu’il en discute et revienne vers toi vendredi soir pour le lundi matin), que finalement on se retrouve avec rien du tout (= pas cher sur le devis)+autre rien du tout+petit quelque chose+modifications du commercial qui a une âme de graphiste parce qu’il a vu une affiche de skate branché+modifications du boss qui n’aime pas les modifs demandés par le commercial… avec un cout qui bien sur ne s’allonge pas autant que cette phrase ^^.
    Et puis faut pas croire qu’on fait des créa « au pif » même si avec l’expérience ca devient plus intuitif, généralement, on a fait quand même des études pour savoir pourquoi/comment proposer quelque chose de pertinent, que cela soit la mode ou pas, déja vu ou pas – même si c’est pas une science mathématique.

    Pour les explications, c’est simple, on aime généralement en donner pour expliquer comment fonctionne ce métier qui nous passionne, il suffit souvent de demander, comment on procède. C’est très souvent plus simple que les explications que je demande à mon assureur, à mon banquier. (Si vous êtes salariés, faites le test avec des comptables, ca marche aussi).

    Souvent, la politesse du graphiste dépend donc des clients qu’il a eu :D
    franchement j’ai des clients je les aimes : je peux faire du bon boulot, du coup ils sont contents, et ils me payent sans rechigner, du coup on peut continuer, c’est pas beau ca ? certains autres sont par contre, il faut le dire, des clients qu’on regrette, et souvent c’est ceux qui demandent un prix, ont de grosses exigences mais non définies, et un objectif aussi peu clair que leurs briefs, sans parler des j+60 fin de mois peut être..

  7. J’entends bien là ton argumentaire, mais ces contraintes de temps/perfection/sans moyen/efficace/qui rapporte/mieux (la liste n’est pas exhaustive) existe dans tous les métiers.
    Je comprends le coup de gueule mais regrette juste qu’il n’y ait pas plus d’objectivité comme celle dont tu fais preuve.
    Du coup la sensation que l’on a en lisant cet article c’est « mais pauvre vieux tu t’es planté de taff, si tu ne veux pas être emmerdé devient berger »
    Il faut juste ne pas s’étonner que certains lecteurs puissent avoir cette réaction aux vues de ce qu’il écrit (dans cet article comme tu le précises en effet)
    Sinon je ne me lancerais pas dans une débat à propos de la « création » j’en connais suffisamment qui vive dans cette « sphère » (et qui en vive, ou pas d’ailleurs) pour ne pas m’attaquer à ce sujet.
    Et réfléchir à la politesse en se demandant lequel a été poli avant l’autre c’est toucher aux fondamentaux « qui de la poule ou l’oeuf….. » bref, si le paramètre par défaut pouvait être la politesse, même face à des clients pour lesquels cette notion n’est visiblement pas acquise (et soyons honnêtes c’est cela la plupart du temps, car ils sont justement dans la posture de client)
    Je souhaitais juste émettre des bémols et souhaiter la bienvenue dans la vie réelle en somme :)

  8. On peut aussi éviter les graphistes suffisants et imbus et se tourner vers des professionnels qui savent aussi écouter les gens qui ne sont pas du métier. Traduire la demande d’un clients ça demande de la psychologie.

  9. Pour finir, je répètes certes, les 4 articles précédents prennent le contre pied à celui ci, ce pourquoi je trouve cet article plutot légitime et venant compléter sa série, qui finalement, apporte son lot d’éclaircissements.

    Traduire la demande d’un clients ça demande de la psychologie : certes, donc, il est tout à fait normal de facturer ces temps d’echanges et explications en conséquence, et non comme la vente d’un burger surgelé en grande surface où l’on achète qu’un produit !!
    Sa conclusion est très bonne : « Plus vous demandez, plus vous devez donner ». En France, on comprend pas qu’etre graphiste c’est un métier à rémunérer, on a toujours l’image de l’artiste de Montmartre !

    On peut aussi éviter les graphistes suffisants et imbus : c’est ce que demandent beaucoup de clients : se sentir aussi experts que le graphiste à qui ils aiment bien « apprendre » le métier, et de préférence les traiter de jeunes, argument de poids selon eux pour les payer une misère.
    Ce que beaucoup de graphistes acceptent, du moins au début, car s’il le font longtemps ils se retrouvent vite à devoir changer d’activité pour vivre.
    Essayez d’apprendre le métier à un contrôleur des impôts, à un boucher comment il doit travailler, à un directeur comment il doit diriger, à un drh qui il devrait recruter : vous verrez s’il sont pas « suffisants et imbus » :D
    Je dis pas que certains ne se la ramènent pas, certains sont même des pro-prétentieux – que ce soit à juste titre ou non, mais après 15 ans d’activité, je dirais que bien 80% des clients cherchent à vous apprendre votre métier !
    De mon coté les clients « difficiles » je suis sympa, je fais ce qu’ils demandent, ils sont contents… même si c’est pas terrible au fond, mais ils ont leur idée. Bien sur, on peut tenter avec psychologie expliquer les raisons pour lesquelles leur choix n’est pas judicieux, mais le cours est gratuit et au final, les bornés ont toujours raison.
    Les autres clients plus souples, je me permets de leur dire pourquoi leur idée convient ou pas, ils savent écouter, participer, travailler, laisser travailler… et le résultat est souvent alors très bon.

  10. Ah bon, c’est un métier, graphiste ? Je veux dire, un vrai métier ?? Pas juste pour le plaisir pendant vos week-ends ? Ah bah mince alors… non, parce que moi, je croyais que… enfin bon…

  11. Ce que je trouve surtout qu’il faudrait faire dans le monde professionnel, c’est arrête avec les « j+ ». On veut quelque chose? On trouve les sous et on contacte un professionnel …
    Enfin bon, les pires ça peut quand même être l’Etat, J+730 mais avec d’autres services qui vous réclament déjà la TVA et les impôts …

  12. Le mec qui doit faire une publicité pour des produits lessiviels destinés à la ménagère de 40 ans, il doit s’asseoir sur ses envies de se laisser aller à des idées géniales qui plairont à son milieu de bobos de 30 ans. Celui qui tourne un film promotionnel pour une entreprise du secteur chimique, il doit oublier qu’il rêve de produire son propre court-métrage avant-gardiste et faire le job basique et alimentaire qu’on lui demande.

    De même, les graphistes doivent pouvoir se mettre entre parenthèses, oublier leurs envies personnelles pour se mettre réellement au service du client, pour répondre à sa commande. Cela fait partie du métier de brider sa créativité, de faire la distinction entre ce qu’on fait et sa propre personnalité.

    Tous les graphistes ne le comprennent manifestement pas. Certains croient, ou font mine de croire, que chacun de leurs travaux doit être une œuvre d’art qui servira leur notoriété. Et on se retrouve, à coup d’allusions du type « Je suis le pro, faites-moi confiance. » « C’est mon métier, pas le vôtre », avec un résultat qu’on ne « sent » pas et avec lequel le public cible n’accroche pas.

    Peut-être bon nombre de problèmes relatés dans cet article n’existeraient-ils pas si les clients avaient pu constater qu’ils pouvaient vraiment confiance dans leur graphiste et que celui-ci met réellement son art au service du client et non de son propre book.

  13. Je dois pas être dans le même monde que Eldi.
    Ou presque, j’ai tout de même eu l’occasion de rencontrer un de ces fameux graphistes à l’égo sur-dimensionné, à vouloir devenir DA alors qu’il n’était encore qu’en stage, pré-rsa on va dire, mais j’ai eu l’impression que c’étais un cas isolé… Peut être sont ils tous sur Paris ??
    (en fait il n’était que simplement, un illustre Iznogoud de la société parmi tant d’autres)

    Je côtoie quelques graphistes, des gens simples, peut être est-ce plus fréquent en province ? lls bossent tous bien 50 à 70 heures (voire plus sur certaines périodes) : sur plus de dix ans, je pense pas que cela ne soit du qu’au hasard ou à des prix en rapport avec nos charges locatives.
    De mon coté si j’avais fait que ce qu’il me plaisait, j’aurai été obligé de changer de métier depuis longtemps, tout comme mes compères.

    J’ai récemment laissé tombé ou presque, tout ce qui concerne la pao : non pas que cela ne m’intéresse pas ou que je n’ai pas de demande, mais juste car justement (en vieillissant aussi !) c’est trop compliqué, et ça rejoint l’article ici.
    Les clients arrivent (presque) toujours du genre « lâchez vous, soyez créatif » pour au final avouer, après maintes tractations et temps perdus, qu’ils veulent la même affiche que Kiki mais un peu différent (quoi que), et qu’ils ne souhaitent surtout pas de chose qui puisse paraitre nouvelle ou sortir du lot, ne pas prendre de risque – il parait que c’est typiquement français. Du coup ils se trainent toujours les créas avec un (ou deux, voire trois) wagons de retard, ou avec des créa dignes d’un pub de grande surface.

    Notre métier ce n’est pas que savoir utiliser des outils, c’est connaitre l’histoire du graphisme, les tendances, les nouveautés, les expériences, l’actualité, bref avoir une vision d’ensemble sur ce qu’il se fait, simplement pour être pertinent : que faire ensuite ?
    Une synthèse qu’il ne prendra pas le temps de lire (c’est fatiguant lire, on préfère regarder les images direct), on a vite assez donné.
    Essayer de l’expliquer à l’oral ?? souvent sans n’être écouté que d’une demi oreille, cela semble aussi fatiguant d’écouter, souvent on tente encore – faut il pouvoir avoir eu le rdv avec le patron, et non un chargé de projet…
    Essayer de dire simplement que c’est ce qu’il leur faut pour espérer être vu, connus et reconnus, au risque de paraître un peu pédants ?

    Au final on fait vite la différence entre « être pertinent pour faire une créa qui sera efficace pour le client et durable dans le temps » et « être pertinent pour flatter l’égo du client, signe vite son chèque et revienne dans un ans pour dépenser son budget alloué ».
    De ces deux choix, lequel prendriez vous, sans vous mentir…

    Éventuellement l’un si vous êtes directeur/entrepreneur, probablement l’autre si vous n’êtes que chargé de projet.

  14. De toute façon, le résultat ne sera jamais satisfaisant pour un graphiste. Ego ou pas, on suivra toujours les goûts du client (mauvais ou pas). Tomber sur un client qui sait ce qu’il veut est aussi pénible: on se sent inutile et réduit à un simple exécutant.
    Oui il faut une bonne relation entre le client et le graphiste : le metteur en scène et l’acteur.
    Accepter les critiques et les remises en questions des 2 parties, respecter le travail du graphiste ( temps de travail, budget décent….), faire confiance au graphiste débutant ou confirmé, rester à l’écoute,…
    Il est vrai que nous graphiste, nous avons une vision différente du monde que nos clients. Nous cherchons continuellement à nous renouveler, notre travail reflète notre personnalité. Il est vrai que j’ai tendance à rester sur mon petit nuage et qu’il est bon de temps en temps de rester les pieds sur terre.

  15. J’oubliais : le statut des graphistes ! Beaucoup de freelance ! Les sociétés ont peur de nous engager à long terme. On coûterait plus cher. Rien de mieux de se faire jeter quand on sert plus à rien, il y a temps de graphistes sur le marché (malgré les promesses d’un collaboration à long terme et les louanges de notre travail). Hop, c’est le ménage.
    Merci pour les fins de mois incertains !

  16. Le pire ce sont les tests pour faire partie de l’élite des graphistes engagés dans une société:

    Rendez-vous chez x.

    On me dit que mon travail est super intéressant. Je vais avoir la chance de rencontrer la directrice et l’Art director.

    Cool!

    Deuxième rendez-vous. La directrice est en réunion (c’est plus important que mon avenir processionnel, je comprends). Je suis seul avec l’Art director qui n’est pas au courant. Le rendez-vous est cordial. Il décide de m’accorder un test afin de se faire une opinion de mes capacités graphiques.
    Cool! j’avance d’une marche. Notons que l’Ar director n’a jamais vu mes travaux et il s’en fout! Tant mieux ! Quoique…

    Jour du test

    On me met à une table. Je suis entouré de 3 graphistes . Pas de bonjour, bises ( je ne sais pas comment cela fonctionne chez vous, en France.), juste un regard hostile. Je déteste cela et cela me met en rogne.

    On me fait un briefing :
    5 projets pour une marque cosmétique assez renommée (je le dis cela juste pour me la jouer).
    Merde 5 projets à la noix ! J’ai 8h , cela devra aller !
    On me donne un Mac et les documents.
    C’est parti !
    J’ouvre les documents:
    – La charte graphiques (pas compliqué, juste du baratin)
    – Images scannées pourris (oui très pourris)
    – des exemples de pub réalisés bien pourris (là, mon égo de graphiste se gonfle :  » Ils sont nuls ces graphistes, je sais mieux faire qu’eux »)

    Le temps passe, je peine à travailler:

    – manque d’inspirations
    – je me braque sur les 5 projets à faire en 9 h (pénible !)
    – je dois retravailler les scan dans photoshop ( je perd plus de 4 h)
    – mes futurs potentiels collègues m’ignorent ( je deviens parano: ils disent des choses sur moi? Non, non,non..je me concentre)
    – On passe en boucle Woodkid à tue-tête ( c’est bien 2 fois mais bon faut pas exagérer)

    Le plus beau dans cette banale histoire, ce sont mes amis les graphistes:
    – Je te fais un projet sur toute la journée
    – Je rigole de tout et n’importe quoi
    – Mon boss vient me faire une tape sur le dos ( Tout va ?, tu me modifies cela ?hahahhaha…)
    – On fait une petite pause les copains ?- une pause kicker ? Ouaip mais une car on a du boulot (quel boulot ?).
    Finalement sur une journée, ils n’ont joué « que » 8 fois (oui j’ai compté). Il faut savoir q’une partie dure 10 minutes (très rentable les gars !).
    – A midi, les pauvres graphistes ont 1h30 de pauses-boufs ou 2h pour certains (oui , j’observe tout)
    – Conclusions : kickers + midi = 3h de détente sur une journée de 9h

    Durant tout ce temps, je sue, je rogne, je perd courage et surtout je me sens humilié. Je suis à deux doigts de partir, de tout lâcher tellement les conditions psychologique et matériel sont au plus bas.
    Humilié ? J’ai plus de 10 ans de carrière dans l’infographie et on me demande de faire 5 projets retords durant un laps de temps. On me demande d’exécuter un travail à la chaîne sans réfléchir. Je ne suis pas superman ! (on pourrais aussi parler de certaines offres d’emplois aux 1000 aptitudes à avoir ).
    Humilié ? Oui par l’indifférences et paresses des super stars de l’infographie de cette entreprise. Je ne remets pas en questions leur travail mais plutôt cette suffisance à mon égard.

    Le soir venu (il était 19 h), j’ai remis mon travail. La plus part était absent, tandis que mes graphistes chéris faisaient une partie de kickers pour se remettre de leur journée productive (vivement demain les gars pour se faire une tape sur le dos!)

    Verdict : J’échoue et pas un peu : Incompétences, bases insuffisantes, etc… Là , c’est l’humiliation totale !

  17. hi hi hi! moi je suis dans la musique et de toutes façons dans ce métier, on est censé juste aujourd’hui être content de la faire sans être rémunéré du tout parce que le téléchargement, le streaming, la pub, sans rémunération de l’artiste arrange tout le monde parce qu’il ya avait trop d’argent en jeu sur le net….il n’y a aucun autre métier où on va dire » attend j’aime ton taf, tu devrais juste être content mec! j’vais pas en plus le payer! » donc je comprend bien évidemment les soucis des graphistes et leurs problématiques, mais je trouve également que certains infographistes sont vraiment mauvais et chers…et quand on a pas le choix, et qu’on est obligés de passer par ceux qu’on a pas choisis car on a pas son mot à dire, et qu’ils s’avèrent être mauvais, c’est vraiment un calvaire sans nom également….. et un client pourrait aussi faire un pamphlet du même genre, à charge….. je pense qu’il faudrait sortir le même genre de réflexion que ce texte de Thomas, mais avec aussi l’inverse, pour ne pas se mettre le public à dos….. Bien sûr tout travail mérite salaire, et ce qui est le plus choquant aujourd’hui dans l’infographie, ce sont ces faux appels d’offre/concours/mais je suis une boîte/ un festoche connu alors j’te paye pas…… je pense qu’il faut surtout axer là dessus, avec humour. et avec exemples à la clé….une bonne dizaine de super affiches de festivals de rock jamais payées, c’est très trouvable…. bon courage!

  18. J’aime bien cet article… « Les Van Gogh des temps modernes ». Non, je ne rigole pas!
    Les métiers de créations sont les plus difficiles à assurer et à assumer. Certains s’imaginent que les idées viennent avec la tasse de café, que le temps pour les réaliser n’est que question d’organisation, en fait pour faire simple, la politique du  »y plus qu’a.. » est imposée.
    Ah ben oui! En Théorie c’est bien ça, le client à raison… Hélas nous vivons sur la planète Réalité et pas celle de Théorie… notez que parfois j’y partirais, car en théorie tout est possible, même se glisser dans la tête d’un créatif productif et en sortir des idées créatrices… Non, pardon, nous parlons de la planète Réalité et survolons Théorie mais pas de la planète Utopie qui se trouve trop loin du système imposé et puis on n’est pas encore équipé pour y aller.
    Maintenant, je peux me mettre à la place du client, du petit client, pas de la grosse fabrique à fric, à ce gars (Ne soit pas sexiste! me dit mon esprit logique. Oui mais le féminin serait mal pris…me dit mon côté humoristique ) … à ce gars qui débarque avec un esprit (faut parfois le trouver, je vous l’accorde!) de faire plus de fric, juste pour vivre un peu mieux, pour faire vivre sa famille et pourquoi pas se payer une villas bien au chaud… hé! La vie est faites de rêves… vous le savez, si non vous ne seriez pas créatif! Le gars, il n’y connait rien, il s’est sans doute déjà fait rouler par son garagiste, pire… par l’avocat de sa femme… là, pas le choix, il faut que vous soyez encore plus inventif et devenir généraliste, voir psychanalyste,ben oui, du coup vos tarifs !
    En fait, j’en suis encore au stade de me demander comment estimer un travail de création, car dans toute création, il y a de la passion. Une part de soi que l’on donne, une part de sensibilité que l’on étale. Bien sûr, les années passées à apprendre…. Il faut être original, sans recopier mais pas trop non plus car l’originalité aiguë n’est pas appréciée, il faut rester dans un juste milieu, apprendre à doser…En fait il faut être fort en math!
    Je prends les choses avec beaucoup de dérision, disons au second degré, mais je reste quand même sur ma question… Comment estimer un travail de création ?
    Van Gogh devait être nul en math aussi…
    ;)

  19. « J’aimerai un logo, quels sont vos tarifs ? »

    C’est « j’aimerAIS »… qui rime avec lait, frais, poulet… le conditionnel! Pardon de le faire remarquer mais c’est une faute qui s’étend de plus en plus bizarrement!

    Sinon bon article, je fais suivre à mes collègues!

  20. Olivier Derment : En fait, tu n’A PAS envie de t’adresser à un graphiste, je veux dire un graphiste de profession, celui qui a pris la peine de faire des études pour te proposer un travail de qualité proportionnellement rémunéré.

    petite anecdote personnelle qui va t’aider à comprendre : étant artiste plasticien sur Paris, j’ai commencé mes études en graphisme et décidé de changer de branche après quelques années. Aujourd’hui dans la sculpture, j’ai tout de même gardé de bonnes bases en graphisme. Je m’en sers à titre personnel, pour mon site, la diffusion de mes pièces, mon book, etc..
    L’année dernière, un bon ami me demande de lui filer un coup de main en graphisme pour une plaquette de présentation de mécénat pour des entreprises du luxe (Hermès, LVMH, etc..)
    Je lui propose de s’adresser à un graphiste « de profession », il me répond que les tarifs sont trop élevés pour sa petite entreprise, que le travail est plutôt simple et rapide, etc… bla bla comme d’hab. Par compassion je lui propose un travail et un tarif à la hauteur de mes qualifications, (graphiste « junior ») c’est-à-dire 16€ de l’heure, 3 Aller/Retour client offerts, et plusieurs autres commodités (c’est un très bon ami).

    Résultat, 5 mois de travail plus tard et 13 A/R client :

    – le mec dispose d’un rendu de qualité quasi-professionnel
    – de très bons retours clients sur mon travail
    – une nouvelle identité graphique pour son entreprise (pompé sur ma plaquette)

    – ma pauvre petite facture amicale de 750 euros est honorée à hauteur de… 150 euros.
    – j’ai perdu un ami
    – du temps
    – de l’argent

    Pour tout vous dire, je suis resté dans la légalité la plus totale du début à la fin : plusieurs factures très détaillées, de la maquette jusqu’à l’impression. Déclaré à la maison des artistes avec mon siret. Bref, je peux très bien coller un procès au mec mais ça va me coûter cher en temps, en avocat, en réputation aussi, je décide lâcher l’affaire et faire une croix définitive.

    Moralité, graphiste est un VRAI métier. Il n’existe pas de tarifs préférentiels mais juste un ratio  » temps – qualité – investissement « . J’ai voulu passer au dessus de ces règles pour dépanner un ami et je me suis bien ramassé la gueule.
    Je vous admire les gars, vous qui avez choisis de persévérer dans ce métier.

    Juste un conseil pour les troubadours de la commande graphique : au lieu de chercher un pote qui vous fera un boulot de merde pour 45€ et que vous ne pourrez même pas modifier. Apprenez à maîtriser les outils, faîtes ce boulot de merde vous même. La gratification n’en sera que meilleure, votre portefeuille toujours aussi lourd et le métier de graphiste s’en trouvera soulagé.

  21. Amusant, cet article se veut didactique (voire drôle) et l’effet inverse se produit : quand on le lit, on se rappelle ligne après ligne pourquoi on déteste les graphistes ! C’est vraiment bien fait en tout cas :-)

  22. Très bon article. C’est difficile pour certaines personnes de comprendre la différence entre un salaire fixe, heures fixes, clients fixes et le graphisme horaires aléatoires, prix aléatoires, fin de mois incertain, démarchage des clients etc etc.
    (Et je ne parlerai même pas du problème de devenir indépendant/freelance dans certains pays.)

    Je citerai un formateur d’infographie : « Un client ça s’éduque ».
    Il avait raison cependant, faut-il encore que le client soit d’accord.

    Le pire que j’ai eu pour ma part, c’est un client qui m’amène son tarif de friterie sur un papier de paquet de frites (sale évidemment). Sans parler de l’écriture manuelle difficilement lisible et bourrée de fautes.

    Le respect va dans les deux sens et la compréhension de ce que l’autre fait n’est jamais un mal. Je ne me permettrais jamais de dire à un maçon « Ben t’as qu’à faire un mur hein! Ça va vite et c’est facile. T’as l’habitude. »

    A méditer pour les « anti-graphistes ».

  23. Un tantinet hors sujet, mais, il y a beaucoup de fautes de français évidentes dans le texte. Je ne juge pas vos compétences en français si c’est quelque chose qui vous est plus difficile, mais parfois, une petite relecture avant l’envoi, ça permet d’éviter des fautes faciles, surtout en tant que graphiste :)

    Sinon, je reconnais beaucoup de points qui ne me sont pas inconnus. C’est toujours amusant de voir que les clients de la sorte se retrouvent partout dans le monde!

  24. Comprenez: nous les Designers sommes des travailleurs différents, des êtres hors du communs, il faut nous traiter avec soins et nous comprendre, nous ne plierons pas à vos besoins ni exigences !!!

    Pourtant un graphiste, c’est un prestataire de services B2B comme les autres, il doit répondre aux besoins de ses clients et pas l’inverse.

    Je travaille en agence. Je passe du temps à répondre à des appels d’offres pour du beurre. Quand on me demande un devis, je passe 2h à me renseigner et proposer quelque chose de cohérent gratuitement. Si le client contacte d’autres agences, je trouve ça normale. Si il a un budget serré, j’essaye d’adapter mon offre et proposer quelque chose de cohérent (comprendre « moins bien » mais bon c’est logique).

    Ensuite bien sûr il faut éduquer et préparer ses clients concernant les retours en fixant un nombre de retours dès le début du projet, expliquer que des modifications qui peuvent paraitre simples ne le sont pas forcément et seront facturées.

    Une entreprise dépense 20 à 50% de son temps et son argent à démarcher, faire de la publicité. C’est donc normal et plutôt une bonne stratégie qu’un graphiste réponde à des appels d’offre, propose une maquette gratuite, etc.

  25. « C’est donc normal et plutôt une bonne stratégie qu’un graphiste réponde à des appels d’offre, propose une maquette gratuite, etc. »
    Bah non en fait même si ca pourrait sembler logique. Un constructeur de maison ne propose pas une maison gratuite pour tester, ni un fleuriste un petit bouquet pour test, ni un designer une étude gratuite.
    Il y a des réalisations pour cela, qui permettent de juger des capacités et du style.
    Autant les concours sont là pour permettre d’avoir ces premières réalisations, faire parler de son travail etc, autant « travailler gratuitement » est une très mauvaise idée. Sur certains gros projets il est demandé ses « maquettes gratuites » mais il faut bien retenir qu’elles ne sont pas gratuites, c’est un investissement de la part de l’agence ou du graphiste indé, et si tu bosses dans une agence ton directeur te diras ce que ca coute. Pour cette raison quand l’appel d’offre semble pipé/foireux, personne ne répond et il n’est pas rare d’en voir qui sont restés infructueux. Il y a suffisamment d’appels d’offres pour couler une boite en peu de temps si elle n’en gagne pas très vite…
    L’autre problème, c’est que tu offres des idées plus qu’une réalisation, et le client est libre de récupérer ton idée, et de faire faire au stagiaire qu’il ne paye pas (même si la réalisation est pas très bonne), et qu’au final l’agence et le stagiaire l’on dans l’os… Certains diront mais noooon quand même pas, mais dans la réalité ca se passe souvent comme ca, j’ai déja vu au cul d’un bus la copie conforme à la couleur près d’une maquette fournie dans un AO, un an avant, à la même agence…
    Si on considère que l’on doit marger de 50% de plus que le cout du travail, il est normal que le prix de vente grimpe de plus de 50% (vu qu’on gagne pas systématiquement), or les clients jugent déja les tarifs trop élevés, comme si le chèque allait direct dans la poche.

    Voilà qui devrait répondre aussi à Pom :
    Un tarif de 400€/jour semble énorme quand on compare au taux horaire d’un salarié, mais… si on travaille que 50% du temps, soit 10 jours au lieu de 20 parcequ’on fait de la prospection, de la r&d, de rdv client, des réponses aux AO, ca fait 4000€/mois, sauf que, après paiement de l’ursaff et quelques autres charges, il reste en gros plus que 2000€/mois. Mais il y a moins d’avantages qu’un salarié encore, donc si on veut une assurance chomage, une mutuelle, qu’on paye l’elec, le matos, les licences à amortir, sans imaginer un local avec un loyer, il reste en gros 1500 à 1600€ / mois.
    Sauf qu’avec ca vous tiendrez pas facilement : certains clients ne payent pas, d’autres à 60/j, il faut donc une réserve en avance, de quoi progresser, de quoi se payer quelques congés, un véhicule qui sert de facon pro, ce qu’on appelle… ben la marge, qui doit pas être de zéro…
    Donc pour estimer un tarif, on prend le nombres de jours à multiplier par le taux/jour, calculé en fonction de si vous souhaitez gagner le smic, plus ou moins … mais gardez en tête que facturer moins de 2000€/mois ne vous permettra de vous en sortir qu’un temps, options pâtes, jamais de vacances ou de sécu et taf saisonnier retenues.

    Après on baisse souvent le slip avec les prix pour éviter de rien avoir (et oui, y’a aucune assurance dans le temps non plus d’avoir des clients) et maintenir une activité permanente, surement par compassion pour ce client qui n’a pas les sous… sauf qu’en fait parfois il a les sous et profite de la position de notre slip pour nous la fourrer, désolé pour l’expression. Donc on peut retenir qu’en ne baissant pas son slip, on a moins de chances de se faire fourrer, cqfd.
    Un client qui ne discute pas sur les prix, j’ai tendance à aimer lui proposer des nouveaux trucs pertinents, des maquettes gratuites, etc, par contre un client qui n’en est pas encore un et qui demande déjà du taf gratis, bah, ben non !

  26. Je suis d’accord sur tout ce que tu dis sauf « autant travailler gratuitement est une très mauvaise idée »

    Un commercial démarche des entreprises pendant des heures, ce temps et ces démarches ont un coût et toutes les entreprises n’achètent pas. Et bien sûr il alimente ces prospects en informations utiles, des informations qu’elles vont garder sans rien lui acheter.

    Donc lui aussi « travaille gratuit », mais il le fait car c’est bénéfique à terme.

    50% de temps à démarcher gratuit, voir 100% au début de ton activité, mais un nouveau client reviendra ensuite sans que tu le démarches donc à terme le temps de travail gratuit doit se réduire autour des 10 ou 20% (0 pour tous les bons graphistes, car les clients reviennent)

  27. Je rêverais d’être d’accord avec cette liste, mais le risque est grand de se faire passer devant par bon nombre d’agences moins sourcilleuses. Mais en effet, tout est affaire de compromis, il ne faut donc pas non plus dire oui à tout, si l’on ne veut pas voir son affaire péricliter. Rester dans un juste milieu d’acceptation des contraintes est certes compliqué, mais un bon moyen de s’en tirer honorablement.

  28. hey non on peut pas comparer le travail du graphiste avec celui d’un commercial : ce dernier vend une prestation ou un produit, tout comme le graphiste. Sauf qu’on demande à ce dernier de donner une partie de la prestation dans sa démarche commerciale : ca équivaudrait par exemple pour un commercial de cafetières d’offir quelques cafetières – certes dans certains cas ca se justifie, mais que s’il peut il y avoir des retombées derrière. Généralement les bons clients ne demandent pas de maquette sans s’engager sur au moins une légère contrepartie, même si elle ne représente qu’une fraction du coup… Le graphiste comme le commercial doit présenter des réalisations, mais je trouve pas bon de présenter systématiquement une offre « personnalisée », car justement cela va déjà au delà de l’offre commerciale. En théorie, car parfois on peut vouloir le faire pour se placer, mais cela ne devrait hélas pas être une obligation…

  29. Bien vu même si un caricatural. Mais nous savons aussi que certains clients, par manque de connaissance du métier, peuvent faire des raccourcis. A nous de nous remettre en cause et de savoir mieux exprimer notre offre à travers sa méthodologie pour mieux la valoriser.
    Serge #ALTEEM – Cabinet de conseil, formation et accompagnement en marketing

  30. Sinon avant de faire les grandes gueules face aux clients, ça vous tente pas de corriger les milles fautes présentes dans votre article ? Parce que rabâcher du Marie+Julien, du Moya, et de toute cette tendance à ressasser des situations caricaturales, c’est cool, mais avec un peu moins de fautes d’orthographe et de syntaxe, vous passerez moins pour un (des) guignol(s).

  31. Yves, merci pour votre commentaire. Même si la manière de faire remarquer les problèmes d’orthographe est très sympathique, vous avez bien raison. je vais refaire un tour sur le texte.

  32. LA MEILLEUR PHRASE !!!

    8. URGENT! C’est pour la fin de semaine…

    (EXPERIENCE PERSO)

    J ai dit 1 mois et demie
    nn trop long 2 semaine
    moi il me faut 1 mois et demie

    la reponce qui tue !!!

     » ON A TIRE POUR MOIN QUE SA  » O_O

  33. Oula ! que de commentaires enflammés, cet article donne un point de vue et à le mérite de poser les problèmes « vus » du graphiste…c’est pour le moins intéressant. Article valable pour tous les créatifs de quoi que ce soi ! Merci

  34. Très bon article!!
    Avant on avait le temps d’éduquer le client mais avec le crowdsourcing on a souvent en face de nous de vrais énergumènes.

  35. Et si on pouvait partir du principe que le designer n’est pas une petite princesse en sucre qu’il faudrait ménager, et que le client par définition n’y connait rien au métier de graphiste (sinon il le ferait lui meme) ? Si il vous est si difficile d’entendre des phrases pas du tout agressives comme ‘c’est urgent’ ou ‘envoyez moi votre grille tarifaire’, je pense qu’il faut peut-etre songer à un système ou vous n’avez pas de contact direct avec la clientèle, en collaborant avec un technico commercial qui ne sera pas outré par de telles phrases pour donner un exemple. Si vous avez de tels problèmes il y a aussi une part de responsabilité qui est la votre et que vous ne souhaitez visiblement pas voir. Si un contrat est bien pensé, il minimise justement ces situations, remettez le donc à plat en intégrant toutes les soupapes de sécurité qui vous éviteront d’etre confronté à ces situations : vous verrez que ça vous changera la vie !

  36. charly tu viens d’un autre monde je pense :D

    voilà ce que cache dans 99% le mot urgent = j’ai besoin de ca de suite, si t’es en train de faire autre chose tu lâche tout pour moi, soit prêt à bosser pendant les 16h qui suivent non stop, car on t’as dit qu’on voulait un truc simple, mais qu’en fait on veut un truc simple genre comme Avatar en 3D relief et en 12 formats. T’auras pas de contrat j’ai pas le temps, et comme c’est urgent t’aura même pas d’acompte car on aura fini demain soir. Ha et tu seras payé dans 60 jours aussi, et comme on te donnera pas le bon numéro de notre logiciel, ca prendra 90 si tu nous rappelles souvent en passant par toutes nos secrétaires, sinon on te payera pas. Et si on te paye on râlera parce que tes tarifs paraissent élevé pour une journée (nous on compte 7 h donc), et que le dvd d’avatar on le trouve à 20€, donc pour ce que tu nous a fait ca vaut moins .

    Donc après quelques fois « urgentes » – le mot n’est pas effrayant, mais plutot ce qu’il y a derrière – le graphiste, qui si c’était une princesse aurait la tête d’un lendemain de gang bang sauvage, répondra une phrase pas du tout agressive non plus : « je ne traite pas les demandes urgentes » ou « je fais un devis, si ca vous va c’est 50% à la commande avec devis signé ».

    Et là il passe généralement pour « ce mec qui se prend pour qui, non mais, oser répondre à Charmant le prince du budget, qui estime qu’avec les modèles powerpoint, y’en aurait pour 5 min., a moi qui ai le pouvoir de vie ou de mort sur une cinquantaine d’employés ». Et là après avoir fait le tour d’autres graphiste, ravalant sa fierté il te fait rappeler pour quand même faire le taf, et essayer quand même de te fourrer car il sait qu’étant indépendant, l’attaquer en justice sera difficile.

  37. oudou je comprend pas du tout ce qu’il y a d’antinomique avec ce que j’ai écrit ? Si tu souhaites mettre un cadre strict à des demandes ‘urgentes’, ou même ne pas les traiter libre à toi je vois pas ou est le problème. Ça semble plutôt sain d’ailleurs. Si tu as en face un connard qui ne comprend pas que tu ne lui lèches pas les bottes tant pis pour lui. Et tant mieux pour toi.

    Avec le temps pour ma part je choisi mes client autant qu’ils me choisissent. Si le rapport n’est pas équilibré, ou si le client à des attentes invraisemblables il vaut mieux éviter à tout le monde la perte de temps / énergie inéluctable qui va en découler.

    Mais je redis la même chose (et pour info je réagissais à l’article et non à ta personne que je n’ai pas la chance de connaitre) si le fait qu’un client demande une grille de tarif, ou dit ‘soyez créatif’ est un tel affront, risque tellement de froisser le pauvre graphiste qui a pris cher lors du gangbang de la veille, dans ce cas je pense qu’il faut tout simplement éviter tout contact avec la clientèle.

    Parce que pour qu’une négo se passe bien il faut aussi comprendre les besoins en face et faire un travail de pédagogie pour que ton travail soit bien compris. Si tu pars du principe qu’en face le client est un sale con par principe : ça pourra pas marcher…

  38. « Avec le temps pour ma part je choisi mes client autant qu’ils me choisissent. Si le rapport n’est pas équilibré, ou si le client à des attentes invraisemblables il vaut mieux éviter à tout le monde la perte de temps / énergie inéluctable qui va en découler. »

    Tout à fait d’accord avec ca, mais si tu savais ce que l’on se prend souvent dans la tête en proposant un tarif qui ne nous garantit guère plus de revenus que nécessaire pour juste vivre, le flot d’idées préconcues, tu comprendrais non pas qu’on parte du principe que le client est un con car c’est heureusement pas le cas, mais que l’on puisse paraitre très méfiant : 2 clients sur 3 expriment des besoins sans vouloir les rédiger, ni même vouloir prendre la peine de les détailler, bref ne préparent pas le travail, en rajoute, font les sourds, et modifieront autant que possible leur demande en jouant sur les mots de ce qu’on peut écrire sur un devis, etc.
    Quand on nous demande en insistant une grille de tarif, perso je donne des fourchettes qui vont du simple au quintuple voir plus : mais j’insulte pas le client hein, même si je sais très bien à ce moment qu’il va surement uniquement me faire perdre mon temps, donc généralement je répond que je ne serais pas dispo pour assurer dans les temps.

    Généralement les clients respectueux posent des question sur comment ca se passe pour travailler ensemble (ce qu’on leur explique très gentiment, étant généralement ouvert à toute explication), on le temps de nous laisser étudier un devis et les signer, sont là pour répondre aux questions nécessaires pour que le travail soit une réussite, et payent relativement rapidement. Généralement aussi, pour ces clients on en fait beaucoup plus gratos, simplement car on n’a pas perdu de temps/d’énergie dans d’autres choses…
    Mais ils sont pas nombreux, hélas vraiment pas nombreux, dans la tête de beaucoup ils partent du principe que le graphiste vit d’amour inné et d’eau fraiche dans un jardin onirique.

  39. Infographiste durant 12 années dont 2 au sein de mon entreprise, c’est clair qu’on se fout carrément de la gueule des graphistes ou infographistes !!! On est censé être des magiciens. Tout nous est facile et il faut constamment revoir à la baisse nos tarifs. Les heures faut pas les compter même au sein d’une grande institution.

    Les clients veulent la qualité de notre travail mais sans mettre la main à la poche. Je ne compte plus les clients qui reviennent sans cesse en arrière (parfois 26 fois pour un simple flyer de merde) et qui voudraient que les corrections soient à l’œil.

    Il y a ceux aussi qui viennent aussi vous voir au début pour la conception d’une plaquette avec chemise à rabat et à la finale il faut écrire les textes, à défaut de corriger les fautes des siens, prendre les photos ou travailler avec les siennes pour un poids de 14 Ko par photo.

    Sinon dans un autre genre, « une police sympa », ça veut rien dire, pas plus que de demander « une couleur flashy style fluos » ça n’existe pas !!!

    Certains clients m’ont fait perdre énormément de mon temps, de l’argent qu’ils me doivent encore et osent en plus encore me demander de travailler pour eux. Quand tu fais tes courses à la caisse tu payes, eh bien là c’est pareil nous ne sommes pas des agences de crédits !!!

    Je trouve très pertinent le commentaire (de je ne sais plus qui dsl) portant sur les fameux concours ou appels d’offres où les demandeurs ou associations, rassemblent un max d’idées pour pas un euro. Génial !!! Après c’est vrai que dans ce cas là, certains infographistes donnent le bâton pour se faire battre, ne participez pas, ça nique tout le métier.

    Le métier perd de plus en plus de valeur car plus de demande que d’offres, mais réalisez bien que sans les infographistes (que certains qualifient d’imbus de leur personne), vos supports de communications, magazines, affiches… etc n’existeraient pas ou seraient tout simplement pourris. Oui c’est une passion mais c’est avant tout un métier !!!

    Enfin ce qu’il faudrait à ce métier : une réelle convention collective et que les infographistes soient tous soudés pour qu’ils ne se fassent plus exploiter comme c’est souvent le cas (même si pour certains c’est le contraire et c’est eux qui abusent, (je ne les apprécie pas non plus car c’est aussi à cause d’eux qu’on dit que c’est cher) au moins cela remettrais les choses à plat).
    Quand vous allez voir des professionnels comme un garagiste, un coiffeur… etc vous ne rechignez pas à payer son tarif horaire (et pourtant on sait à quel point il peut parfois être exorbitant), alors là pareil le tarif c’est le tarif et point barre. C’est trop cher eh bin va voir ailleurs et fais pas chier !!! On bosse pas pour la gloire, si tu viens me voir c’est que t’apprécie mon travail, tu le veux, tu payes !!! ;)

  40. Il faut effectivement parfois beaucoup de sang froid…

    Mais c’est pas grave parce que de toute façon « Si tu baisses tes prix, on deviendra un client récurrent… »
    On ne se connait pas mais vous me tutoyez, ok après tout je n’ai que 3 ou 4 ans de moins que vous.
    De plus je n’ai pas besoin d’argent pour vivre, comme on dit Vivons d’amour et d’eau fraîche…

    Je ne sais pas à partir de quand (ça ne fait pas longtemps que je suis freelance) le métier de graphiste est devenu un métier que les gens méprisent, mais faire un stage ou nous regarder bosser ne serait-ce qu’une demi journée ne leur ferai parfois pas de mal

  41. Parfait. Merci pour votre article, Thomas.

    on vous sent un peu content de pouvoir vous défouler, (genre les quarante vérités que vous ne direz jamais à votre client), on sent le métier, beau sujet, bel article. Merci pour ce transfert de compétences, très agréable à lire, de surcroit.

    Dans l’ensemble, j’agrée des quatre pieds, juste quelques petits points de désaccord (notamment sur la présence ou non d’une grille tarifaire, a tout projet, tout forfait, on est d’accord, ça n’empêche pas d’avoir une petite grille tarifaire à faire tourner pour le client, même si une heure de travail de Disney donne Mickey, quand une heure de travail de Momo la Saumure, donne un coloris impropre au BAT, … d’ordinaire je dirais entre 400 et 600 la journée pour un DA Free senior, selon la nature du projet, plus ou moins proche de l’exé… ça mange pas de pain,, la petite grille horaire… en revanche, d’accord avec vous, inutile d’envoyer une grille tarifaire en réponse à une demande de prestation, ça s’appelle faire pipi dans un violon ;) dans la majorité des cas.

    Merci pour vos conseils. Excellent article.

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